tu ne t’es plus jamais corrigé
(Coco dixit)
Corriger. Expert
en correction sans voir
juste. Dormir
d’un œil ouvert
et l’autre plongé
dans les fautes et les rumeurs
sans remède.
Des manœuvres et des ciseaux
mordillant l’air
et ses batailles fantomatiques.
Y a-t-il de la vérité cachée
dans les erreurs ? Est-elle évidente en
raclant jusqu’à l’os ?
Me détourner de l’erreur
et continuer avec le détour.
Voilà. Sans raccourcis. En répétant
dans un trébuchement
qu’il reste quelque chose ―me disait
à l’oreille le creux l’écho
une fois grimpé le mur
un clou branlant l’indolent
qui imagine encore
vacillant. Mai
rien. Voilà. Même pas sa portée
en détachements
qui diluent possibilité et
correction et disjonctive et
quoi d’autre ?
Et au milieu du rustre gribouillage
et du biffage, la maladresse. Derrière
la page évaporée
et ses déguisements. Je t’ai trouvé
sans disjonctive
loin de la pause
détachée du retour
de lamêmechose en pagaille
— à pointe cassée. Maintenant que
je pourrais aussi être heureux
parfois quand toi tu voudrais
toute entière me traîner
jusqu’à l’abri
et la tiédeur qui dévore
l’erreur, les errances et les détours.
Cette flamme-là. Dans sa racine
tout court heureuse dirait-on rayonnante.
Chaque partie de ton corps
émergeant de racine et tige. Fronde
un seul rayon — de certitude seule.
Les mots qui s’éloignent
de ton corps sans le saisir
car en lui ils ont été éblouis.
Dans leur fuite. Sur leur compte
en descendant de leur vol
a pome penyeach.
Luis Cortés Bargalló (Tijuana, 1952), poète et éditeur. Auteur de plus de cinq livres de poésie et membre du Système national de créateurs d’art du Mexique. Ce poème a été publié dans La lámpara hacia abajo (Ediciones sin nombre, 2016), recueil qui a reçu en 2017 le prix Carlos Pellicer à un ouvrage publié.
CORREGIR
tú ya nunca te corregiste
(Coco dixit)
Corregir. Experto / en corregir sin encontrar / acierto. Dormir / con un ojo abierto / y el otro sumergido / en los errores y rumores / sin remedio. / Maniobras y tijeras / mordisqueando el aire / y sus batallas fantasmales. / ¿Hay verdad oculta / en los errores? ¿Evidente con / rascarse hasta la carne viva? / Desviarme del error / y continuar con el desvío. / Eso. Sin atajos. Repitiendo / en un tropiezo / que algo quede —me decía / al oído el hueco el eco / ya trepado en la pared / un clavo flojo el indolente / que imagina todavía / tambaleando. Pero / nada. Eso. Ni su alcance / en desprendidos / que disuelvan posibilidad y / corrección y disyuntiva y / ¿otra cosa? // Y en mitad del garabato zafio / y el borrón, el desacierto. Tras / la plana evaporada / y sus disfraces. Te encontré / sin disyuntiva / lejos de la pausa / desligada del retorno / de lomismo en un disloque / —a punta rota. Ahora que / también podría ser feliz / a veces cuando toda tú / quisieras arrastrarme / hasta el cobijo / y la tibieza que devora / error, errares y desvíos. // Esa llama. En su raíz / feliz a secas irradiante se diría. / Cada parte de tu cuerpo / levantando de raíz y tallo. Fronda / un solo rayo —de certeza sola. / Las palabras que se alejan / de tu cuerpo sin asirlo / porque en él se deslumbraron. // En su huida. Por su cuenta / descendiendo de su vuelo / a pome penyeach.

Editorial – Le Mexique
Entre la France et le Mexique, l’Alliance Française tisse un lien discret mais tenace depuis plus de 140 ans