Ce roman de fiction, basé sur des faits réels, est un véritable phénomène au Pérou, plus précisément à Puno, la ville natale de l’auteur où chaque année, en février, se déroule la très populaire et très attendue fête de la Candelaria (Chandeleur). Le livre a été publié en 2007 (Éditions Matalamanga) pour la première fois en tant que premier roman. Christian Reynoso, journaliste, écrivain, danseur, musicien a eu l’occasion de participer personnellement à l’ambiance de cette fête, religieuse au départ, devenue païenne par la suite, qui met à l’honneur la musique et les danses folkloriques de cette région du sud du Pérou. Il s’agit d’un roman choral où évoluent plusieurs personnages principaux, allant des voyageurs et touristes venant de tous horizons pour écouter et voir les musiciens et les danseurs professionnels, jusqu’aux jeunes filles voulant gagner le concours de beauté et devenir la reine de ce festival.
Une harmonie fluide et maîtrisée
Christian Reynoso nous fait vivre les préparations et les répétitions, réglées comme leurs partitions, jour après jour, les groupes musicaux se retrouvent avec les troupes de danseurs, afin de coordonner les pas avec la musique. Le moindre décalage a des conséquences pour toutes et tous et le maître chorégraphe relayé par les chefs de groupes, s’évertue à obtenir une harmonie fluide et maîtrisée. Lorsque le jour « J » arrive, l’auteur nous plonge dans cette ambiance bruyante et brillante, de par les costumes des musiciens et aussi des danseurs.
Au fur et à mesure des lignes, on peut entendre les flûtes sicuris du quartier Mañazo ou les flûtes zampoñas à six et sept tiges, produisant un dialogue musical entre elles et avec les instruments à vent, comme les trombones et les clairons, sans oublier les cymbales qui elles aussi marquent le rythme de coups aigus, les coups rythmés graves sont l’affaire des bombos (grosses caisses) et des tarolas (caisses claires) qui annoncent le départ aux danseurs. Ces derniers, enveloppés par la musique énergisante, exécutent des pas légers. […] « La liberté est l’âme et l’essence de l’ensemble et chacun danse à sa manière en déployant le pas du sicu, qui est un mélange de mouvements entrecoupés d’un rythme gracieux et d’une fureur exorciste ».
À la fin du défilé, les musiciens et les danseurs vont se reposer pour laisser place aux feux d’artifice qui éclairent le ciel nocturne et aux jeux de l’amour et du hasard jusqu’au lendemain où il faudra renouveler les mêmes efforts.

Febrero lujuria de Christian Reynoso
Editions Matalamanga, 2007 [Luxure en février, À paraître en 2026 aux « Editions Aliados Literarios », Paris.]

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